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lundi 4 juillet 2011

La réalité de l'abattage rituel Halal et Casher : entre business et cruauté






L'abattage rituel, notamment représenté par les viandes dites Halal et Casher pour les communautés respectivement musulmanes et juives ne cesse de progresser en France. De plus en plus de supermarchés, de restaurants, de transformateurs agro-alimentaires... proposent ce type de viande, mais à quel prix ? Sous couvert du droit de s'alimenter selon son culte, ces méthodes d'abattage finalement peu connues révèlent un business florissant et une cruauté inacceptable envers le vivant.
En France, les règles générales de l'abattage classique imposent depuis 1974 que les animaux soient étourdis dans des abattoirs avant d'être saignés, ceci afin de limiter la souffrance animale. La mise à mort des animaux de boucherie n'est pas un acte anodin et isolé : chaque année 1,1 milliard d'animaux sont tués en France ! Ce processus industriel, qui repose sur une logique commerciale, nécessite d'être sévèrement encadré. En effet, "la mise à mort des animaux peut provoquer chez eux de la douleur, de la détresse, de la peur ou d'autres formes de souffrance, même dans les meilleures conditions techniques existantes."(1).
Dans les pays de l'Union européenne, c'est la Directive 93/119/CEE du Conseil qui définit les normes en matière d'abattage : "D'une façon générale, on doit éviter aux animaux toute excitation, souffrance ou douleur inutiles lors de leur transport, hébergement, immobilisation, étourdissement, abattage ou mise à mort. Les abattoirs doivent être construits et équipés de manière à respecter cette exigence. Le personnel d'abattage doit posséder les compétences, capacités et connaissances professionnelles requises. Les animaux doivent être étourdis avant l'abattage ou immédiatement mis à mort."(2)
Si l'étourdissement ne semble pas toujours appliqué correctement dans les abattoirs français comme en témoigne le procès de l'association L214 contre Charal(3), son absence est toutefois autorisée dans le cadre de dérogations liées à l'abattage rituel. En effet, l'abattage rituel nécessite que les animaux soient saignés alors qu'ils sont encore pleinement conscients.
Par définition, une dérogation "constitue une exception dans l'application d'une règle d'origine contractuelle, légale, ou administrative"(4). Or, dans une lettre ouverte adressée au président de la République du 10 juin 2010(5), un regroupement d'associations de protection animale souligne qu'en France déjà 50 % des ovins sont égorgés conscients et donc sensibles à la douleur, il ne s'agit donc plus d'une exception...

L'abattage rituel Halal et Casher

En France, au regard de la loi, l'abattage rituel ne peut s'exercer que dans un abattoir. Les exécutants doivent obligatoirement être des sacrificateurs habilités par des organismes religieux agréés : la grande Mosquée de Paris, la Mosquée de Lyon et la Mosquée d'Evry pour l'abattage rituel musulman ; le grand Rabbinat pour l'abattage rituel juif.
Si l'étourdissement n'est pas obligatoire avant la mise à mort, l'article R. 214-74 du code rural impose que les animaux des espèces bovine, ovine et caprine soient immobilisés par un procédé mécanique (ce qui écarte toute contention manuelle ou à l'aide de liens). Cette contention mécanique précède la saignée et doit être maintenue jusqu'à la mort de l'animal(6).
Le piège mécanique est positionné vers La Mecque pour le rituel halal ou vers Jérusalem pour le rituel Casher. La saignée devrait alors être effectuée en prononçant une phrase rituelle.
L'Organisation Mondiale de la Santé Animale préconise l'emploi d'une lame ou d'un couteau très tranchant et suffisamment long pour que la pointe reste hors de l'incision pendant l'opération. De plus, la pointe du couteau ne doit pas être utilisée pour réaliser l'incision et celle-ci ne doit pas se refermer par-dessus le couteau pendant l'égorgement(7). Des pratiques souvent ignorées...
France Info(8) rapportait le cas de Mokhtar qui travaille dans un abattoir de Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine. "Chaque jour, il tue, à la main, selon le rite halal, près de 300 poulets"  ce qui fait, sur une journée de travail de 8 heures et sans pause, un poulet sacrifié toutes les minutes et demi... Vu cette cadence, il semble bien difficile de croire que l'exécutant, fier de son métier par ailleurs, se soucie du bien-être animal.
Mais il y a pire. Durant la fête de l'Aïd el Kébir, de nombreux musulmans se passent de l'abattoir et tuent par leurs propres moyens les moutons, même si cela est illégal. Parfois, les bêtes sont dissimulés quelques jours avant, attachées et enfermées sans eau dans des coffres de voiture, pour être finalement égorgés maladroitement dans des cours d'immeubles, dans la baignoire, ou au bord de rivières dans des conditions de souffrance importante.

Une souffrance animale inacceptable

L'abattage rituel, cela reste un abattage industriel, avec ses cadences inadmissibles et sa maltraitance continue envers l'animal, le tout sans étourdissement préalable.
Pendant plusieurs minutes, les animaux prisonniers de leur piège mécanique agonisent la gorge tranchée, pendant que d'autres, témoins de la scène attendent leur tour.
Entre l'égorgement et la perte de réaction cérébrale, plusieurs dizaines de secondes peuvent s'écouler : une période d'angoisse, de peur, de stress et surtout de douleur extrême qui donnent de surcroît une viande de médiocre qualité...
En 2009, un rapport d'enquête de One Voice(9) a révélé la réalité sur la souffrance de quelques-uns des animaux tués pour produire de la viande halal. D'après la tradition musulmane, les animaux doivent être traités avec égards avant d'être abattus et doivent être calmés en récitant une prière avant de les égorger en sectionnant les principales artères du cou. Or, en visitant cinq abattoirs pratiquant l'abattage halal sans étourdissement préalable, les enquêteurs de One Voice ont vu un certain nombre d'employés faire preuve d'un manque visible de respect et de compassion envers les animaux. Les animaux étaient traités avec cruauté, ils étaient effrayés et stressés pendant les opérations et dans certains cas, on leur sciait la gorge au lieu de la trancher. Les enquêteurs ont vu des moutons qui essayaient de s'enfuir alors qu'ils avaient la gorge tranchée et ils ont filmé des poulets qui étaient ébouillantés alors qu'ils étaient encore vivants. Ils ont bel et bien entendu les cris des animaux qui agonisaient, mais dans bien des cas, ils n'ont entendu aucune prière...
Les conséquences terrifiantes pour les animaux d'un égorgement sans étourdissement préalable sont expliquées dans un rapport publié en 2003(10) par le Farm Animal Welfare Council (FAWC), organisme consultatif britannique indépendant constitué de vétérinaires, de zoologues, de chercheurs et de spécialistes de la protection des animaux : "Quand une incision transversale très large est pratiquée au cou, divers tissus vitaux sont sectionnés: peau, muscles, trachée, œsophage, artères carotides, veines jugulaires, principaux faisceaux nerveux (p.ex. nerfs vagues et nerfs phréniques) ainsi que divers nerfs de moindre importance. Une incision aussi importante entraîne inévitablement une rupture d'information sensorielle vers le cerveau chez un animal sensible (conscient). Nous sommes persuadés qu'une blessure aussi considérable entraîne une douleur et un stress très importants pendant le laps de temps qui précède l'insensibilité". Le FAWC a demandé l'interdiction de l'abattage rituel sans étourdissement préalable et Judy MacArthur Clark, qui en était alors la présidente, a déclaré: "Il s'agit d'une incision importante dans le corps de l'animal et dire qu'il ne souffre pas est tout à fait ridicule".
Vidéo de l'enquête GAIA dans des abattoirs de Belgique qui pratiquent l'abattage rituel Halal
© GAIA
Vidéo déconseillée aux personnes sensibles

Un risque pour la santé

Pire, la viande Halal peut être contaminée à la fois par la régurgitation et l'effondrement des défenses immunitaires de l'animal au moment de l'égorgement. Alain De Peretti, vétérinaire rural, souligne même le "gigantesque bond en arrière" des autorités qui acceptent la commercialisation de cette viande, à l'encontre des progrès réalisés jusqu'alors en terme de sécurité alimentaire en Europe. Les toxi-infections alimentaire risquent donc d'être de plus en plus nombreuses notamment chez les personnes qui ne cuisent pas suffisamment leur viande.(11)

Une dangereuse banalisation de l'abattage rituel

La banalisation de l'abattage rituel, notamment Halal, profite d'une complaisance du monde politico-médiatique et de l'Etat, sous couvert du respect des religions, en oubliant celui de la laïcité.
Ainsi, depuis le 1er septembre 2010, la société Quick, dont l'Etat est actionnaire majoritaire via la Caisse des Dépôts et Consignations, a "décidé de pérenniser l'offre [exclusive] de produits à base de viande halal dans les 8 restaurants du test et de l'étendre à 14 nouveaux restaurants". Objectif affirmé : "cette offre pouvait être une source de croissance intéressante." En effet, une étude réalisée par l'agence Solis en décembre 2009 et publiée en janvier 2010 montre que la croissance annuelle du marché halal est de 15% et que son chiffre d'affaires pourrait atteindre 5,5 milliards d'euros en 2010...(12). Notons qu'en Israël, McDonald ne vend que de la viande Casher.
L'appât du gain n'a pas échappé aux grandes et moyennes surfaces qui proposent de plus en plus de viande Halal dans leur rayon boucherie.
Bien d'autres exemples témoignent de la banalisation de l'abattage rituel Halal, y compris dans les organes de la République française pourtant laïque :
  • repas de l'équipe nationale de France de football (sous R. Domenech) sans porc ;
  • certaines écoles de la République imposent une viande Halal, comme à Strasbourg(13) ;
  • CRS qui mangent Halal à leur insu(14)...
Soulignons enfin que chaque kilo de viande abattue selon les rites Halal ou Casher profitent à leurs représentants religieux. A ce titre, Kamel Kabtane, recteur de la grande mosquée de Lyon déclarait : "Par kilo de viande, la certification halal coûte entre 10 à 15 centimes d'euros"(15), une manne financière non négligeable !
Dans le même temps, d'après les bilans établis par le Service de la statistique et de la prospective (SSP), la consommation française de viande de porc, considérée comme impure par les musulmans et les juifs est en recul(16).
Au delà de la tolérance envers des rites religieux pourtant archaïques, "du point de vue de la protection des animaux et par respect pour l'animal en tant qu'être sensible, la pratique consistant à abattre les animaux sans étourdissement préalable est inacceptable, quelles que soient les circonstances" notait la Fédération des vétérinaires d'Europe en 2006(17).
De plus, en 2004, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) émettait un avis(18)selon lequel "en raison des graves problèmes de bien-être animal liés à l'abattage sans étourdissement, un étourdissement doit toujours être réalisé avant l'égorgement".
Plus pernicieux encore, une partie significative de la viande des animaux abattus sans étourdissement préalable pour les boucheries juives et musulmanes, au lieu d'être effectivement destinée à ce marché, est finalement écoulée sur le marché global de la viande... Or, 72 % des français désapprouvent la dérogation permettant de ne pas étourdir les animaux avant leur abattage(19).
Une nouvelle fois, modérer sa consommation de viande et privilégier la viande issue de l'"agriculture biologique" restent les meilleurs moyens de respecter un peu plus le bien-être animal tout en préservant sa santé.

Références

  1. Règlement (CE) N° 1099/2009 du Conseil du 24 septembre 2009 sur la protection des animaux au moment de leur mise à mort - Union européenne
  2. Législation en vigueur en vue de la protection des animaux lors de l'abattage - Commission européenne
  3. Pratiques de mises à mort à l'abattoir Charal, Metz - L214
  4. Définition de dérogation - Dictionnaire du droit privé
  5. Abattage rituel sans étourdissement : assez de promesses, place aux actes !
  6. L'abattage rituel des animaux élevés ou détenus pour la production de viandes - OABA
  7. Code sanitaire pour les animaux terrestres - OIE
  8. Mokhtar, le sacrificateur - France Info
  9. Derrière les portes des abattoirs de France - One Voice
  10. Report on the Welfare of Farmed Animals at Slaughter or Killing ; Part 1: Red Meat Animals - Farm Animal Welfare Council
  11. "La viande halal présente un risque sanitaire important" : rencontre avec un vétérinaire (Audio) - NovoPress
  12. Bilan du test de vente d'une gamme de produits à base de viande halal - Quick
  13. La modernisation de la restauration scolaire - Ville de Strasbourg
  14. CRS/viande halal: indignation syndicale - Le Figaro
  15. [Halal] "Ce mot est complètement galvaudé" - Le Parisien
  16. Agreste Conjoncture ; Synthèses n° 2010/112 ; avril 2010 - Ministère de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche
  17. Welfare of Animals at Slaughter and Killing, FVE/06/doc/033 Final 25/10/06 - FVE
  18. Summary of Opinion of the Scientific Panel on Animal Health and Welfare on a request from the European Commission related to welfare aspects of the main systems of stunning and killing the main commercial species of animals, 2004 - Autorité européenne de sécurité des aliments
  19. Les Français et l'étourdissement des animaux avant leur abattage – Sondage IFOP réalisé du 8 au 10 décembre 2009 sur un échantillon de 1015 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info 

Manger autant de viande est une aberration pour l'environnement et la santé




Autrefois l'apanage des pays riches, la consommation de viande ne cesse d'augmenter dans le monde. L'élévation du niveau de vie dans les pays en voie de développement amplifie les effets déjà catastrophiques, mais peu évoqués, d'une surconsommation de viande non soutenable et inutile.
En moyenne, un être humain consomme 100 g de viande par jour. Dans les pays développés, la consommation est supérieure à 200 g par jour alors que dans les pays en développement elle est de 47 g, avec de fortes disparités régionales.
En moyenne, un Français mange 96,5 kg de viande par an(1), soit plus de 260 g par jour : l'équivalent de 6 tranches de jambon ! Cela représente l'abattage de 1,1 milliard d'animaux par an, rien qu'en France...

Une pression sur la surface agricole disponible

La production mondiale de viande a quintuplé entre 1950 et 2000. Elle était de 229 millions de tonnes en 2001 et pourrait atteindre 465 millions de tonnes en 2050 tandis que la production de lait passerait de 580 millions de tonnes à 1043 millions de tonnes sur la même période au regard de la croissance démographique et de l'évolution des habitudes alimentaires. Or, pour nourrir le bétail, la demande en céréales augmente de manière considérable, les céréales étant de plus en plus l'aliment de base du bétail, au détriment de l'herbe des pâturages.
C'est pourquoi, selon les prévisions de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), il serait nécessaire de doubler la production agricole d'ici à 2050. En effet, pour produire un kilo de viande, il faut 7 kilos de céréales. Pour répondre à cette demande, il est possible d'augmenter la surface des terres cultivées, mais à quel prix ? Déforestation, monocultures intensives, utilisation de pesticides, d'OGM, destruction d'écosystèmes et perte de biodiversité...
L'élevage extensif et le soja exporté comme aliment du bétail sont la première cause de la déforestation selon Alain Karsenty, économiste au Centre de coopération internationale pour le développement et expert auprès de la Banque mondiale. Après une enquête de 3 ans publiée en juin 2009, Greenpeace affirme que l'élevage bovin est responsable à 80% de la destruction de la forêt amazonienne...
L'UE, dont la superficie des forêts augmente, est le 4e importateur de bovins derrière les USA, la Russie, et le Japon. En outre, 80% des importations de bovins de l'UE viennent d'Amérique du Sud. Or, la France est le premier consommateur européen de viande bovine. Ainsi la consommation de viande en Europe et en France est une cause de la déforestation en Amérique du Sud.
Surfaces de sol nécessaires par aliment
Enfin, n'oublions pas de mentionner la concurrence de plus en plus accrue des agrocarburants et bientôt des bioplastiques pour l'utilisation des surfaces agricoles.

Élevage et émissions de gaz à effet de serre

En 2006, un rapport de la FAO soulignait que l'élevage était responsable de 18 % des émissions annuelles de gaz à effet de serre (GES) dans le monde, plus que l'ensemble du secteur des transports... Mais de nouveaux calculs effectués en 2009 par deux experts des questions environnementales auprès de la Banque mondiale démontreraient que l'élevage représenterait en réalité plus de la moitié des émissions mondiales de GES !
En France, l'élevage est le deuxième secteur d'émissions anthropiques de gaz à effet de serre(2) (9,2 %), derrière le premier contributeur : le résidentiel (12%). Ce secteur participe donc massivement au réchauffement climatique alors que son impact n'est jamais souligné ni même évoqué par les décideurs...
Le rapport de Foodwatch propose une illustration de l'effet sur le climat de 3 types de régimes alimentaires. Une alimentation sans produits animaux émet de 7 à 15 fois moins de GES qu'une alimentation qui contient de la viande et des produits laitiers.
Effet de serre selon l'alimentation

Les conséquences environnementales de l'élevage intensif

L'augmentation constante des élevages intensifs en France et surtout en Bretagne a des conséquences directes sur l'apparition des marées vertes. Ce phénomène se manifeste par la pullulation de certaines algues vertes qui envahissent le littoral au point de dégager de fortes concentrations d'hydrogène sulfuré (H2S). Or, ce gaz est toxique lorsqu'il est inhalé et peut être mortel lorsque l'exposition est importante comme en témoigne la mort de nombreux animaux aquatiques et de quelques animaux terrestres. L'élevage y contribue de façon directe par les rejets de lisiers et indirecte par l'excès d'engrais apportés aux cultures de céréales destinées à nourrir le bétail.
De plus, la gestion des déjections animales dans les élevages intensifs provoque le lessivage des nitrates et des agents pathogènes dans la nappe aquifère, qui met souvent en péril les réserves d'eau potable.
Au niveau de l'eau, environ 5 000 litres d'eau sont nécessaires pour produire 1 000 kcal d'aliments d'origine animale contre 1 000 litres si l'origine est végétale. En effet, l'élevage nécessite des quantités colossales d'eau : pour produire 1 kg de boeuf, il faudra utiliser 15 500 litres d'eau contre seulement 900 litres pour 1 kg de pommes de terre ! Un gâchis irresponsable alors que la demande et la mauvaise qualité de l'eau en France sont devenues inacceptables. Mais ce n'est pas tout, l'élevage est la plus grande source sectorielle de polluants de l'eau : principalement les déchets animaux, les antibiotiques, les hormones, les produits chimiques des tanneries, les engrais et les pesticides utilisés pour les cultures fourragères, et les sédiments des pâturages érodés.
Besoin en eau des aliments
Enfin, selon la commission européenne, l'élevage est responsable de 64% des émissions d'ammoniac(3) (NH3), une des principales causes des pluies acides. Les précipitations s'acidifient au contact de l'ammoniaque présent dans l'air (gaz très soluble dans l'eau), perturbent la photosynthèse et détruisent les éléments nutritifs du sol causant le dépérissement forestier et l'altération des systèmes hydrologiques où on observe une réduction et une disparition d'espèces aquatiques, très sensibles au changement d'acidité.

Les conditions de l'élevage intensif et la souffrance animale

Considérés comme de simples protéines sur pattes dans l'élevage intensif, les animaux souffrent comme jamais. Rien n'est venu enrayer l'extension de ce modèle et la toute puissance des filières agroalimentaires qui le portent.
Les conditions d'élevage, de transport et d'abattage, souvent méconnues du grand public, sont bien souvent inacceptables et les associations qui luttent pour le respect des animaux et la transparence se heurtent à de puissants intérêts financiers qui méprisent le bien-être animal et dupent les consommateurs. Aujourd'hui, l'éthique passe après la viande ; la souffrance et l'environnement après les intérêts économiques. Ce système industriel perdure contre toute logique et contre l'opinion publique, en bénéficiant largement de l'argent des contribuables et de la complicité des pouvoirs publics.
Il est impossible de produire une telle quantité de viande sans entasser les animaux, les adapter de force par des mutilations à des conditions de vie qui limitent drastiquement leurs comportements. Étendre les ailes, se dresser, fouiner, ronger, explorer, élever ses petits, se déplacer, prendre l'air... La liste des comportements entravés est longue dans la plupart des élevages. Les sélections génétiques se sont faites au détriment des animaux et poussent les organismes au maximum.
En France, plus de 80% des animaux sont élevés en bâtiments fermés, parqués en cage ou sur des caillebotis sans accès à l'extérieur. Les poissons d'élevage sont maintenus à des densités inouïes.
Ainsi, 82% des 700 millions de poulets de chair sont élevés sans accès à l'extérieur ; 81% des 47 millions de poules pondeuses sont élevées en batterie de cages ; 99% des 40 millions de lapins sont élevés en batterie de cages ; 90% des 25 millions de cochons sont élevés sur caillebotis en bâtiments...
Or, il est illusoire d'espérer améliorer le sort d'un si grand nombre d'animaux, nécessairement confinés dans des espaces restreints, et « traités » par un nombre réduit de travailleurs. Il faut donc diminuer significativement sa consommation de produits animaux, tout en se tournant vers les produits français issus de l'agriculture biologique.

Élevage, viande et santé humaine

L'élevage est en soi un facteur de risque pour notre santé. Les systèmes industriels de production sont depuis longtemps la norme dans les pays développés et deviennent de plus en plus répandus dans les pays en développement. Le nombre énorme d'animaux élevés en confinement, dotés d'une variabilité génétique très pauvre, et soumis à une croissance rapide, crée des conditions idéales pour l'émergence et la propagation de nouveaux pathogènes.
Sans oublier les scandales qui ont éclaboussé l'industrie agro-alimentaire : vache folle (encéphalopathie spongiforme bovine), hormones de croissance, grippe aviaire, fièvre aphteuse...
Ainsi, les systèmes modernes d'élevage sont des incubateurs à virus, listeria monocytogènes, salmonelles, campylobacters, E. coli, et autres promoteurs de « grippes » en tout genre. Comme l'indique un rapport de la FAO : « il n'est pas surprenant que les trois-quarts des nouveaux pathogènes ayant affecté les humains dans les dix dernières années proviennent des animaux ou des produits animaux ».
La surconsommation de viande a pour effet d'augmenter la prévalence des affections suivantes : cancers (colon, prostate), maladies cardio-vasculaires, hypercholestérolémie, obésité, hypertension, ostéoporose, diabète (type 2), altération des fonctions cognitives, calculs biliaires, polyarthrite rhumatoïde.
Contrairement à une idée reçue, les produits animaux ne sont pas indispensables à la santé humaine. La position conjointe des diététiciens américains et canadiens, émise en 2003, a formulé un bon résumé de cette réalité. Ces deux organisations, qui regroupent 70 000 diététiciens, ont endossé le fait que « les régimes végétariens (y compris le végétalisme) menés de façon appropriée, sont bons pour la santé, adéquats sur le plan nutritionnel et bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies ». Cette position de l'Association américaine de diététique a été réaffirmée en 2009.
De surcroît, la tertiarisation de nos sociétés et notre mode de vie de plus en plus sédentaire ne justifie plus cette surconsommation de viande.
C'est dans les pays riches que la consommation de produits animaux est la plus forte, un état de fait qui ne répond à aucune nécessité nutritionnelle et cause des dommages environnementaux catastrophiques. Or, l'élevage y est soutenu par des aides publiques conséquentes...

Notes

Toutes les données chiffrées présentes dans cet article sont référencées sur le site www.viande.info
  1. Donnée 2007 : Consommation de viande, Juin 2008, n° 2008/29 - Agreste Synthèses
  2. Donnée 2007 en PRG - CITEPA.
  3. La volatilisation des déjections des animaux en stabulation constituent la principale source d'émission de NH3.

Source

Copenhague 2009 Et la viande ? - www.viande.info

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avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info

Les abeilles, témoins du bon état de notre environnement, disparaissent massivement



Les abeilles, piliers de la pollinisation et donc de la présence des fleurs, fruits et légumes disparaissent massivement dans de nombreuses régions du monde, laissant perplexes les scientifiques qui ne manquent toutefois pas d'arguments puisés notamment dans la pression insoutenable des activités humaines sur l'environnement.

Le dépérissement des abeilles est observé depuis les années 90, mais le premier signal d'alarme remonte à l'automne 2006 : les abeilles commençaient alors à disparaître de manière inquiétante aux Etats-Unis avec plus de la moitié des états touchés et des pertes de population comprises entre 30 % et 90 %, on y parle de "syndrome d'effondrement des colonies" ("colony collapse disorder" ou CCD). Ce phénomène très inquiétant, qui a débuté progressivement deux ans plus tôt, ne cesse de s'intensifier : les abeilles quittent leurs ruches, vraisemblablement pour aller mourir un peu plus loin, laissant derrière elles la reine et quelques jeunes.

Le même phénomène a été observé en Europe (Grande-Bretagne, France, Belgique, Italie, Allemagne, Suisse, Espagne, Grèce, Pologne, Pays-Bas) depuis le début des années 2000, de nombreux pays sont touchés avec là aussi, certaines colonies qui ont perdu jusqu'à 90% de leurs population.
Par exemple, en Italie, de nombreuses ruches sont restées désespérément vides selon rancesco Panella, président du Syndicat des apiculteurs professionnels italiens, du jamais vu... En Grande-Bretagne, le plus important apiculteur a perdu plus de la moitié de ses ruches, sans qu'une confirmation du phénomène n'ait été donnée pour l'ensemble du pays.
Dans de nombreuses régions du monde, les populations d'abeilles sont en fort déclin, avec des variabilités suivant les années, mais la tendance est lourde et inquiétante depuis quelques années.

Les conséquences sont désastreuses pour la pollinisation qui permet, depuis des millions d'années, d'assurer la reproduction des plantes à fleurs. De plus, 35 % de notre nourriture dépend de la pollinisation : fruits et légumes. Les fameux aliments conseillés par tous les nutritionnistes... D'ailleurs, dans certaines régions du monde, la disparition d'insectes pollinisateurs oblige les agriculteurs à polliniser manuellement.

Les différentes causes possibles

Les chercheurs et les apiculteurs s'avancent en de nombreuses hypothèses car aucune cause principale n'a encore été clairement identifiée, ce qui laisse perplexe les spécialistes sur la question. Toutes les pressions sur l'écosystème et la santé des abeilles sont passées en revue : OGM, ondes électromagnétiques, pesticides, pollutions, changement climatique, raréfaction des fleurs, virus, maladies, parasites, champignons...
Depuis l'antiquité l'Homme a domestiqué les abeilles pour en récolter le précieux miel mais depuis quelques années, les sources de dégradation de leur environnement et les atteintes à leur santé sont telles qu'il pourrait s'agir d'une combinaison de facteurs qui surpassent la capacité de résistance des abeilles. Dans un article du journal Le Monde du 29 août, M. Neumann, explique ainsi : "on peut supporter séparément une maladie, une mauvaise alimentation, un empoisonnement aux pesticides, mais quand tous les facteurs se conjuguent, il arrive un moment où la limite de résistance est atteinte". Or l'abeille est un excellent témoin de la qualité de l'environnement dans lequel elle évolue...

Au niveau des pesticides, bien que les quantités épandues soient beaucoup plus faibles, les principes actifs restent bien plus puissants. Or, depuis près de 50 ans, les pesticides touchent tous les pays et les capacités de production des pays en voie de développement sont en pleine expansion : la contamination est planétaire. Aux Etats-Unis, les pesticides sont responsables de la destruction de milliers de colonies d'abeilles chaque année. En France, les récoltes de miel se sont effondrées bien qu'avec la suspension des insecticides Gaucho et Régent, le taux de mortalité a diminué sans être encore revenu à la normale. En effet, l'usage du Gaucho est suspendu depuis 1999 sur le tournesol et depuis 2004 sur le maïs, et celui du Régent depuis 2004 sur toutes les cultures. Le Réseau Biodiversité pour les Abeilles, nous a indiqué qu'il est important que "l'usage des pesticides, agricoles comme apicoles, soit réglementé et encadré, afin que les utlisateurs respectent les doses, usages et conditions d'emploi préconisées pour la sécurité des hommes et de l'environnement. C'est cette bonne gestion des pratiques, agricoles comme apicoles, couplée à une réflexion intelligente sur l'environnement de l'abeille, qui permettrait la diminution des surmortalités d'abeilles constatées jusqu'ici."

Des parasites existent comme le champignon unicellulaire Nosema ceranae ou l'acarien Varroa destructor ou "vampire de l'abeille" importé involontairement en France depuis le début des années 1980 : à la manière d'un moustique, celui-ci suce l'hémolymphe des abeilles, l'équivalent du sang. Il faut alors traiter les ruches avec un acaricide qui, mal dosé, entraîne la mort des abeilles... Ce parasite retient pour le moment l'attention des spécialistes qui pensent qu'il pourrait jouer un rôle important dans ce déclin.

Quelques études montrent un lien entre les ondes électromagnétiques et la perturbation des abeilles, les téléphones potables et les multiples antennes relais, les lignes à haute tension pourraient donc participer au déclin des abeilles.

les OGM jouent également un rôle néfaste parce qu'ils contiennent des insecticides. Bien qu'ils soient dédiés à la lutte contre les papillons, les mites et les coléoptères, ils ont certains effets néfastes sur les abeilles. Cependant, en Europe, il y a encore peu de champs cultivés avec des OGM, par rapport aux Etats-Unis, au Brésil ou à l'Inde, mais cela ne va pas durer...

Le climat, plus instable, moins prévisible affecte également les abeilles notamment avec les extrêmes météorologiques de plus en plus fréquents.

La perte d'espaces naturels dans la plupart des régions du monde est également alarmante. Les prairies naturelles sont de plus en plus rares, cédant leurs places à une agriculture intensive particulièrement pauvre du point de vue de la biodiversité. Ainsi, les ressources alimentaires des abeilles se sont fortement appauvries, or le pollen demeure leur unique source de protéines. Même les particuliers dans leurs jardins favorisent trop souvent la pelouse et les pesticides aux multiples fleurs qui poussent spontanément.

Les autres insectes pollinisateurs sont touchés

Enfin, les autres pollinisateurs sont également affectés par ce phénomène : "on a toutes les raisons de penser que quand l'abeille domestique a des soucis, c'est pire pour les espèces sauvages, car la colonie a un effet protecteur", explique Bernard Vaissière directeur du laboratoire de pollinisation entomophile à l'INRA d'Avignon.

En Europe, un groupe de travail européen sur la prévention des mortalités d'abeilles a été mis en place, coordonné par le centre Agroscope Liebefeld-Posieux à Berne (Suisse) qui estimait fin août 2007 que le phénomène devenait plus fréquent, et qu'il prenait "des proportions plus importantes".

Le mystère reste entier, mais lorsque les sentinelles du bon état de l'environnement viennent à disparaître, cela ne laisse rien présager de bon pour les autres espèces, y compris l'Homme...

Références

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avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info 

L'agriculture biologique peut-elle nous nourrir tous ?



Les seules personnes qui pensent que l’agriculture biologique peut nourrir le monde sont des hippies à l’imagination délirante, des mères hystériques et des agriculteurs biologiques arrogants. Vrai ?

En réalité, non. Un bon nombre de dirigeants de l’industrie agricole, de scientifiques spécialisés dans l’environnement et dans l’agriculture et d’experts agricoles internationaux pensent qu’une transition à grande échelle vers l’agriculture biologique permettrait non seulement d’augmenter l’approvisionnement alimentaire mondial mais serait peut-être même la seule manière d’éradiquer la famine.

Cela peut paraître surprenant. Après tout, les agriculteurs biologiques rejettent les pesticides, les engrais synthétiques et les autres outils devenus synonymes d’agriculture à haut-rendement. Au lieu de cela, ils dépendent de l’élevage pour avoir du fumier et doivent faire pousser des haricots, du trèfle ou d’autres légumes fixateurs d’azote et fabriquer du compost ou d’autres formes d’engrais qui ne peuvent être produits dans des usines chimiques mais qui doivent être cultivés - et qui consomment donc de la terre, de l’eau et d’autres ressources. (La production d’engrais chimiques nécessite elle des quantités importantes de pétrole.) Dans la mesure où les agriculteurs biologiques s’interdisent l’utilisation de pesticides synthétiques, on peut penser que leurs cultures sont dévorées par des hordes d’insectes, leurs fruits frappés par la pourriture brune des cabosses et leurs plantes étouffées par les mauvaises herbes. De plus, comme l’agriculture biologique nécessite une rotation des cultures pour aider à contrôler les parasites, on ne peut cultiver aussi souvent dans le même champ du blé du maïs ou tout autre produit.

En conséquence, nous dit-on, dans un monde dépendant de l’agriculture biologique, on devra cultiver plus de terres qu’aujourd’hui - même si cela signifie moins de pollution, moins d’animaux de ferme maltraités et moins de résidus cancérigènes dans nos légumes. « Nous n’allons pas nourrir 6 milliards d’êtres humains avec des engrais biologiques » a déclaré Norman Borlaug, phytogénéticien et prix Nobel, lors d’une conférence en 2002. « Si nous essayons de le faire, nous abattrons la majorité de nos forêts et beaucoup de ces terres ne seront productives que sur une courte période. » Le chimiste de Cambridge John Emsley le dit de manière plus abrupte : « La plus grande catastrophe à laquelle la race humaine pourrait faire face durant ce siècle n’est pas le réchauffement planétaire mais une conversion planétaire à ‘l’agriculture biologique’ - environ 2 milliards de personnes en mourraient. »

Ces dernières années, l’agriculture biologique a attiré une plus grande attention, pas seulement de la part des critiques qui craignent que son adoption à grande échelle ne conduise des milliards de personnes à la famine, mais aussi de la part des agriculteurs et des agences de développement qui pensent qu’une telle transition pourrait être bénéfique pour les populations affamées. Malheureusement, à ce jour, personne n’avait cherché à établir par une analyse systématique si une transition généralisée vers l’agriculture biologique se heurterait au manque de nutriments et à une production insuffisante. Les résultats sont saisissants.

Haute technologie, faibles impacts

De nombreuses études menées de par le monde montrent en réalité que les fermes biologiques peuvent produire autant, et dans certains cas beaucoup plus que les fermes conventionnelles. Quand il y a des différences de rendement, elles ont tendance à être plus importantes dans les pays industrialisés, où les agriculteurs utilisent de grandes quantités d’engrais synthétiques et de pesticides dans leurs incessantes tentatives d’augmenter la production. Il est vrai que les agriculteurs qui se dirigent vers une production biologique ont souvent un rendement moins élevé les premières années, le temps que le sol et la biodiversité alentour récupèrent après des années d’assauts chimiques. Plusieurs saisons peuvent être également nécessaires pour qu’un agriculteur affine cette nouvelle approche.

Le vieil argument selon lequel le rendement de l’agriculture biologique représente un tiers ou la moitié du rendement de l’agriculture traditionnelle est basé sur des hypothèses biaisées et un manque d’information. Par exemple, la statistique souvent citée selon laquelle une transition vers l’agriculture biologique aux Etats-Unis ne permettrait de produire qu’un quart de la nourriture produite actuellement est basée sur une étude du Département américain de l’agriculture montrant que tout le fumier des Etats-unis ne pourrait couvrir qu’un quart des besoins en engrais du pays - même si l’agriculture biologique ne dépend pas que du fumier.

Ces arguments sont contredits par des recherches poussées. Par exemple, une étude récente menée par des scientifiques de l’Institut de recherche pour l’agriculture biologique en Suisse a montré que les fermes biologiques avaient un rendement inférieur de seulement 20% aux fermes conventionnelles sur une période de 21 ans. En passant en revue plus de 200 études menées aux Etats-Unis et en Europe, Per Pinstrup Andersen (professeur à Cornell et gagnant du World Food Prize) et ses collègues sont arrivés à la conclusion que le rendement de l’agriculture biologique arrive environ à 80% du rendement de l’agriculture conventionnelle. Beaucoup d’études montrent une différence encore moins marquée. Analysant les informations de 154 saisons de croissance sur diverses cultures, arrosées par la pluie ou irriguées, Bill Liebhardt, scientifique agricole de l’Université de Californie à Davis, a découvert que la production de maïs biologique atteignait 94% de celle de la production conventionnelle, celle de blé biologique 97% et celle de soja biologique 94%. La production de tomate biologique quant à elle égalait la production conventionnelle.

Plus important encore, dans les pays les plus pauvres où se concentrent les problèmes de famine, la différence de rendement disparaît complètement. Les chercheurs de l’Université d’Essex Jules Pretty et Rachel Hine ont étudié plus de 200 projets agricoles dans les pays en voie de développement et ont découvert que pour l’ensemble de ces projets - ce qui inclut 9 millions de fermes sur près de 30 millions d’hectares - le rendement augmentait en moyenne de 93%. Une étude sur sept ans portant sur 1000 fermiers cultivant 3 200 hectares dans le district de Maikaal, dans le centre de l’Inde, établit que la production moyenne de coton, de blé et de piment était jusqu’à 20% plus élevée dans les fermes biologiques que dans les fermes conventionnelles de la région. Les agriculteurs et les scientifiques agricoles attribuent les rendements plus hauts dans cette région sèche aux cultures de couverture, au compost, au fumier et à d’autres pratiques qui augmentent la matière organique (qui aide à retenir l’eau) dans les sols. Une étude menée au Kenya a démontré que si la production de maïs biologique était moins élevée que la production conventionnelle dans les « zones à fort potentiel » (avec des précipitations au-dessus de la moyenne et une meilleure qualité de sol), dans les régions plus pauvres en ressources, en revanche, la production des agriculteurs biologiques dépassait systématiquement celle des agriculteurs conventionnels. (Dans les deux régions, les agriculteurs biologiques obtiennent des bénéfices nets, un revenu du capital et une rémunération du travail plus élevés).

Contrairement aux critiques qui affirment qu’il s’agit d’un retour à l’agriculture de nos grands-parents ou que la majeure partie de l’agriculture africaine est déjà biologique, que cela ne peut pas fonctionner, l’agriculture biologique est une combinaison sophistiquée de sagesse ancienne et d’innovations écologiques modernes qui permettent d’aider à maîtriser les effets générateurs de rendement des cycles nutritifs, les insectes bénéfiques et la synergie des cultures. Elle dépend énormément de la technologie - et pas seulement de la technologie issue des usines chimiques.

Des fermes à haut contenu énergétique

Nous pourrions donc nous passer des usines chimiques ? Inspiré par une mission de terrain dans la ferme biologique d’un agriculteur de la région qui affirmait avoir récolté la quantité incroyable de 26 tonnes de légumes sur six dixièmes d’hectares dans une période végétative relativement courte, une équipe de scientifiques de l’université du Michigan a essayé d’estimer la quantité de nourriture qui pourrait être récoltée après une transition mondiale vers l’agriculture biologique. L’équipe a passé au peigne fin toutes les études comparant le rendement des fermes biologiques et celui des fermes conventionnelles. En se basant sur 293 exemples, elle a établi un ensemble de données globales sur le taux de rendement des cultures mondiales les plus importantes dans les pays développés et les pays en voie de développement. Comme prévu, le rendement de l’agriculture biologique s’est révélé inférieur à celui de l’agriculture conventionnelle pour la majorité des catégories de cultures dans les pays riches, alors que les études menées dans les pays en voie de développement ont montré que l’agriculture biologique améliorait le rendement. Les scientifiques ont ensuite lancé deux modèles. Le premier conservateur, dans le sens où il appliquait le taux de rendement des pays développés à la planète entière, autrement dit, selon ce modèle, toutes les fermes, où qu’elles soient, obtiendrait uniquement les rendements les plus faibles des pays développés. Le second appliquait le taux de rendement des pays développés aux pays riches et leur propre taux de rendement aux pays en voie de développement.

« Nous avons tous été surpris par les résultats, » a expliqué Catherine Badgley, paléoécologiste du Michigan qui a co-dirigé les recherches. Le premier modèle donnait un rendement de 2641 kilocalories (« calories ») par personne et par jour, juste en dessous de la production mondiale annuelle de 2786 calories mais sensiblement au-dessus des besoins caloriques moyens d’une personne en bonne santé, compris entre 2200 et 2500. Le second modèle donnait un rendement de 4831 calories par personne par jour, 75% de plus que la production actuelle - une quantité qui pourrait théoriquement faire vivre une population humaine beaucoup plus grande que celle soutenue actuellement par les terres cultivées.

L’intérêt de l’équipe pour ce sujet a été en partie motivé par l’inquiétude créée par une transition à grande échelle vers l’agriculture biologique qui nécessiterait le défrichement de davantage de zones sauvages afin de compenser les rendements moins élevés - un problème certain pour des scientifiques comme Badgley qui étudie la biodiversité présente et passée. Le seul problème de cet argument, affirme-t-elle, est que la majeure partie de la biodiversité mondiale se trouve à proximité des terres cultivées et que cela ne changera pas de sitôt. « Si nous essayons simplement de maintenir des îlots de biodiversité dans le monde, nous en perdrons la plus grande partie » explique-t-elle. « Il est très important de créer des zones favorables à la biodiversité entre ces îles. Si ces zones sont des champs gorgés de pesticides, ce sera une catastrophe pour la biodiversité, particulièrement sous les tropiques. La biodiversité mondiale bénéficierait d’un changement d’agriculture à grande échelle. »

L’équipe de Badgley s’est efforcée d’émettre des hypothèses aussi conservatrices que possible : la majorité des études utilisées ne prenait en compte le rendement que d’une seule récolte, même si de nombreuses fermes biologiques font pousser plus d’une culture à la fois dans un même champ, produisant plus de nourriture au total même si le rendement d’une culture, pris séparément, peut être moins élevé. Les sceptiques peuvent douter des conclusions de l’équipe - en tant qu’écologistes, ils sont probablement favorables à l’agriculture biologique - mais une deuxième étude récente sur le potentiel d’une transition mondiale vers l’agriculture biologique, menée par Niels Halberg, de l’Institut danois de sciences agricoles, est arrivée à des conclusions très semblables, bien que ses auteurs soient des économistes, des agronomes et des experts en développement international.

Comme l’équipe du Michigan, le groupe de Halberg a émis une hypothèse à propos des différences de rendement de l’agriculture biologique pour un certain nombre de cultures puis appliqué à celles-ci un modèle développé par l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires de la Banque Mondiale (IFPRI). Ce modèle est considéré comme l’algorithme le plus abouti pour prévoir la production alimentaire, le revenu des fermes et le nombre de personnes qui souffriront de la faim à travers le monde. Etant donné l’intérêt croissant des consommateurs, des gouvernements et des scientifiques agricoles pour l’agriculture biologique, les chercheurs ont voulu évaluer si une conversion à grande échelle à l’agriculture biologique en Europe et en Amérique du Nord (les deux régions exportatrices de nourriture les plus importantes dans le monde) ferait diminuer la production, augmenter les prix alimentaires mondiaux ou empirer les problèmes de famine dans les pays les plus pauvres dépendant des importations, particulièrement pour les gens vivant dans les mégapoles en pleine expansion du tiers-monde. Même si le groupe est arrivé à la conclusion que la production de nourriture déclinerait en Europe et en Amérique du Nord, ce modèle ne semblait pas avoir d’impact important sur les prix au niveau mondial. Comme il partait du principe, à l’instar de l’étude menée par les chercheurs du Michigan, que l’agriculture biologique augmenterait la production en Afrique, en Asie et en Amérique Latine, dans le scénario le plus optimiste, même l’Afrique Subsaharienne, actuellement affamée, pouvait exporter un surplus alimentaire.

« L’agriculture biologique moderne non certifiée est une approche potentiellement durable du développement agricole dans les zones qui ont un faible rendement à cause d’un accès restreint aux intrants ou d’un mauvais potentiel, elle implique moins de risques économiques qu’une agriculture basée sur l’achat d’intrants et peut augmenter le niveau de résilience face aux fluctuations climatiques », a conclu l’équipe d’Halberg. En d’autres termes, les études de terrain montrent que l’augmentation de la production due au passage à l’agriculture biologique est plus importante et consistante justement dans les régions pauvres, isolées et frappées par la sécheresse, où les problèmes de famine sont les plus graves. « L’agriculture biologique pourrait grandement contribuer à améliorer la sécurité alimentaire en Afrique Subsaharienne » affirme Halberg.

Il y a cependant d’autres problèmes à surmonter. « Beaucoup de recherches s’efforcent de mettre fin aux préjugés » explique Halberg - comme l’idée selon laquelle l’agriculture biologique serait un luxe que les pays les plus pauvres ne peuvent pas s’offrir. « Je voudrais détruire cette idée une fois pour toute. Les deux parties sont simplement trop éloignées l’un de l’autre et ils ignorent les réalités du système alimentaire mondial. » Même si une transition vers l’agriculture biologique peut augmenter la production dans les pays africains et asiatiques les plus affamés, selon ce modèle, presque un milliard d’individus souffrira encore de la faim dans la mesure où tous les excédents seront simplement exportés vers les régions qui auront les moyens de les payer.

Mauvaise question ?

Ces conclusions sur le rendement ne sont pas une surprise pour beaucoup d’agriculteurs biologiques. Ils ont vu de leurs propres yeux et senti de leurs propres mains à quel point ils pouvaient être productifs. Pourtant, certains partisans de l’agriculture biologique évitent même de se demander s’ils peuvent nourrir le monde, simplement parce qu’ils ne pensent pas que ce soit la question la plus utile. Il y a de bonnes raisons de croire qu’une transition vers l’agriculture biologique ne sera pas aussi simple que d’entrer des taux de rendement sur une feuille de calcul.

Pour commencer, l’agriculture biologique n’est pas aussi facile que celle qui fait appel aux produits chimiques. Au lieu de choisir un pesticide pour prévenir l’invasion d’un parasite, par exemple, un agriculteur biologique peut envisager de changer la rotation de ses cultures, de cultiver une plante qui éloignera les nuisibles ou attirera ses prédateurs - des décisions qui demandent une certaine expérience et une planification à long terme. De plus, l’étude de l’IFPRI laisse entendre qu’une conversion à grande échelle à l’agriculture biologique pourrait nécessiter que la majorité de la production laitière et bovine « soit mieux intégrée à la rotation des céréales et aux autres cultures commerciales » pour optimiser l’utilisation du fumier. Ré-introduire des vaches sur une ou deux exploitations pour fertiliser le sol peut sembler facile, mais le faire à grande échelle serait un vrai défi - et il est plus rapide de déverser de l’ammoniaque sur les sols épuisés.

Une fois encore il ne s’agit que d’hypothèses dans la mesure où une transition mondiale vers l’agriculture biologique pourrait prendre des décennies. Les agriculteurs sont des gens travailleurs et ingénieux et ils font généralement face à tous les problèmes qui peuvent se présenter. Si l’on élimine les engrais azotés, de nombreux agriculteurs feront probablement paître des vaches dans leurs champs pour compenser. Si l’on supprime les fongicides, ils chercheront des variétés de plantes résistantes aux moisissures. A mesure que de plus en plus d’agriculteurs vont se mettre à cultiver de manière biologique, ils amélioreront leurs techniques. Les centres de recherches agricoles, les universités et les ministères de l’agriculture vont commencer à investir dans ce secteur - alors que, en partie parce qu’ils partent du principe que les agriculteurs biologiques ne joueront jamais un rôle important dans l’approvisionnement alimentaire mondial, ils la négligent actuellement.

Les problèmes liés à l’adoption des techniques biologiques ne semblent donc pas insurmontables. Mais ces problèmes ne méritent peut-être pas toute notre attention ; même si une conversion massive sur, disons, les deux prochaines décennies, augmente de manière importante la production alimentaire, il y a peu d’espoir que cela éradique la faim dans le monde. Le système alimentaire mondial peut être une créature complexe et imprévisible. Il est difficile d’anticiper comment l’expansion de la Chine en tant qu’importateur majeur de soja destiné à l’élevage pourrait, par exemple, affecter l’approvisionnement alimentaire ailleurs. (Cela provoquerait vraisemblablement une augmentation des prix alimentaires.) Ou comment la suppression des subventions agricoles dans les pays riches pourrait affecter les pays pauvres. (Cela augmenterait probablement leurs revenus agricoles et réduirait la faim dans le monde.) Est-ce qu’une consommation de viande moins importante dans le monde permettrait de produire plus de nourriture pour ceux qui ont faim ? (Certainement, mais est-ce qu’ils pourraient se payer cette nourriture ?) En d’autres termes, « l’agriculture biologique peut-elle nourrir la planète ? » n’est probablement pas la bonne question dans la mesure où nourrir la planète dépend plus de la politique et de l’économie que de n’importe quelle innovation technique.

« L’agriculture biologique peut-elle nourrir la planète est en effet une fausse question » explique Gene Kahn, agriculteur biologique de longue date qui a fondé l’entreprise d’aliments biologiques Cascadian Farms et qui est maintenant vice-président du développement durable pour General Mills. « La vraie question est : pouvons-nous nourrir la planète ? Point. Pouvons-nous remédier aux disparités en matière de nutrition ? » Kahn fait remarquer que la faible différence aujourd’hui entre le rendement de l’agriculture biologique et celui de l’agriculture conventionnelle ne serait pas un problème si les excédents alimentaires étaient redistribués.

L’agriculture biologique a cependant d’autres avantages qui sont trop nombreux pour être tous cités. Des études ont montré, par exemple, que les coûts « externes » de l’agriculture biologique - l’érosion, la pollution chimique de l’eau potable et la mort d’oiseaux et d’autres formes de vie sauvage - représentaient seulement un tiers de ceux de l’agriculture conventionnelle. Des enquêtes menées sur tous les continents montrent que les fermes biologiques abritent beaucoup plus d’espèces d’oiseaux, de plantes sauvages, d’insectes et d’autres espèces sauvages que les exploitations conventionnelles. Des tests menés par plusieurs gouvernements ont révélé que les aliments biologiques ne contenaient qu’une minuscule fraction des résidus de pesticides que l’on trouve dans les autres aliments et ne contenaient pas d’hormones de croissances, d’antibiotiques et autres additifs présents dans de nombreux aliments conventionnels. Il existe même des preuves que les aliments biologiques ont des niveaux considérablement plus élevés d’anti-oxydants bénéfiques pour la santé.

Il y a également des avantages sociaux. Parce qu’elle ne dépend pas d’intrants coûteux, l’agriculture biologique pourrait aider à faire pencher la balance en faveur des petits fermiers dans les pays frappés par la famine. Un rapport de 2002 de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture notait que « les systèmes biologiques peuvent permettre de doubler ou de tripler la productivité des systèmes traditionnels » dans les pays en voie de développement, mais indiquait que la comparaison à propos du rendement donnait une « image limitée, étroite et souvent trompeuse » dans la mesure où les fermiers de ces pays adoptent souvent les techniques d’agriculture biologique pour économiser de l’eau et de l’argent et réduire la variabilité du rendement dans des conditions extrêmes. Une étude plus récente du Fonds international de développement agricole a trouvé qu’à cause de son besoin en main-d’œuvre plus élevé, « l’agriculture biologique pouvait se révéler particulièrement efficace pour redistribuer les ressources dans les régions où la main-d’œuvre est sous-employée. Cela peut aider à contribuer à la stabilité rurale. »

La terre du milieu

On obtiendrait ces avantages même sans une conversion complète à une sorte d’utopie biologique. En fait, certains experts pensent qu’il serait plus prometteur et raisonnable d’adopter une position intermédiaire, où de plus en plus d’agriculteurs choisiraient les principes de l’agriculture biologique même s’ils n’en suivraient religieusement pas l’approche. Dans ce scénario, les fermiers pauvres et l’environnement y gagneraient. « L’agriculture biologique ne fera pas l’affaire » affirme Roland Bunch, un agent de vulgarisation agricole qui a travaillé pendant des dizaines d’années en Afrique et en Amérique et travaille maintenant avec COSECHA (Association of Consultants for a Sustainable, Ecological and People-Centered Agriculture ; L’association des consultants pour une agriculture soutenable, écologique et centrées sur les populations) au Honduras. Bunch sait par expérience que l’agriculture biologique peut permettre aux fermiers pauvres de produire davantage que l’agriculture conventionnelle. Mais il sait également que ces fermiers ne peuvent pas obtenir les prix forts payés ailleurs pour les produits biologiques et qu’ils sont souvent incapables, et peu désireux, d’assumer certains des coûts et des risques liés à un passage complet à l’agriculture biologique.

Bunch préconise plutôt une « voie du milieu » une éco-agriculture ou agriculture à faible niveau d’intrants qui utilise de nombreux principes de l’agriculture biologique et ne dépend des produits chimiques que pour une petite fraction. « Ces systèmes peuvent permettre aux petits cultivateurs de produire immédiatement deux ou trois fois ce qu’ils produisent actuellement » explique Bunch. « De plus, c’est intéressant pour les petits producteurs car le prix par unité produite est moins élevé. » En plus des gains immédiats au niveau de la production alimentaire, Bunch laisse entendre que les avantages environnementaux de cette voie du milieu seraient beaucoup plus grands qu’un passage total à l’agriculture biologique car « cinq à dix fois plus de petits cultivateurs l’adopteraient par unité de sol et par investissement consacré à la formation. Ils n’enlèvent pas la nourriture de la bouche de leurs enfants. Si cinq cultivateurs réduisent de moitié leur utilisation de produits chimiques, les effets bénéfiques sur l’environnement seront deux fois et demi plus grands que si un cultivateur passe complètement à l’agriculture biologique. »

Les agriculteurs qui se concentrent sur l’amélioration des sols, l’augmentation de la biodiversité ou qui incluent du bétail dans la rotation de leurs cultures n’excluent pas l’utilisation future de culture biotechnologiques, d’azote de synthèse ou d’autres innovations pouvant augmenter la production, en particulier dans les régions où les sols sont épuisés. « Au final, si nous faisons bien les choses, nous pourrons augmenter de manière importante la part du biologique dans les systèmes conventionnels » explique Don Lotter, consultant agricole. Comme Bunch, Lotter fait remarquer qu’en termes d’avantages économiques, environnementaux et de rendements, une telle approche « intégrée » dépasse souvent à la fois les approches strictement biologiques et celles utilisant les produits chimiques de manière intensive. Pourtant, Lotter n’est pas certain de l’occurrence prochaine d’une telle évolution dans la mesure où l’agriculture mondiale n’est pas vraiment orientée vers le biologique - ce qui pourrait être le vrai problème pour les populations pauvres et affamées. « Il y a des régions immenses en Afrique Subsaharienne et en Amérique du Sud où la révolution verte n’a eu aucun impact et n’en aura probablement pas sur la prochaine génération de cultivateurs » explique Niels Halberg, le scientifique Danois qui a dirigé l’étude du IFPRI. « Il semble que les mesures agro-écologiques dans certaines de ces régions ont un impact bénéfique sur le rendement et la sécurité alimentaire. Alors pourquoi ne pas les essayer sérieusement ? »

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Brian Halweil est chercheur à l’Institut Worlwatch et l’auteur de "Eat Here : Reclaiming Homegrown Pleasures in a Global Supermarket."

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L'État de la Planète

Pollution atmosphérique : 400 000 morts prématurées en Europe



Cet été (2005), la Commission européenne présentera une nouvelle stratégie globale destinée à améliorer la qualité de l'air en Europe. Celle-ci intervient à la suite des conclusions alarmantes dégagées par des études menées récemment, montrant que la pollution atmosphérique en Europe est beaucoup plus importante que prévu.

Selon ces études, la pollution réduit notre espérance de vie de neuf mois et engendre une augmentation des affections respiratoires telles que la bronchite et l'asthme.Selon les dernières études en date, quelque 400 000 Européens meurent prématurément chaque année à cause de la pollution atmosphérique. Les maladies provoquées par la concentration actuelle de particules en suspension dans l'air entraînent plus de 100 000 hospitalisations supplémentaires chaque année.Il est essentiel de comprendre les causes et les effets de la pollution pour se préparer comme il se doit à affronter ce problème. “Les données concernant l'impact de la pollution atmosphérique sur l'homme sont très inquiétantes et nous devons prendre des mesures appropriées”, a déclaré le Commissaire européen en charge de l'Environnement, Stavros Dimas.L'impact sur la santé publique est lourd de conséquences pour l'économie. L'étude du groupe de recherche britannique, AEA Technology Environment, montre qu'en moyenne, les Européens sont malades un demi-jour par an à cause de la pollution atmosphérique. La perte de productivité qui en résulte coûte des milliards d'euros à l'Union européenne. La menace qui pèse sur la santé publique est comparable à d'autres phénomènes tels que les accidents de la route ou le tabagisme.Toutefois, les États membres ne sont pas tous logés à la même enseigne. En effet, une autre étude réalisée par l'International Institute for Applied Systems Analysis, dont le siège se situe en Autriche, montre que les atteintes à la santé publique sont les plus graves dans les pays du Benelux, en Italie du Nord et dans certaines régions des nouveaux États membres d'Europe de l'Est, en particulier en Pologne et en Hongrie (voir carte). Et cela, en dépit du fait que dans les années 90, plusieurs pays de l'ancien bloc de l'Est, alors candidats à l'adhésion, ont fortement amélioré la qualité de l'air en fermant des usines obsolètes très polluantes. En toute logique, la pollution est plus grave dans les villes et dans les régions industrialisées. Elle est notamment générée par les systèmes de chauffage et de climatisation des immeubles ainsi que par les émissions automobiles et industrielles.

Il faut faire plus

La législation communautaire a déjà permis d'améliorer la qualité de l'air. À titre d'exemple, citons l'essence sans plomb et la réduction des émissions générées par les usines et les véhicules. Un nombre significatif de Directives ont déjà été adoptées pour contrôler les émissions émanant de sources spécifiques, notamment des installations de combustion, des véhicules tout-terrain, des solvants et des peintures. Les voitures particulières et les centrales électriques génèrent entre 90 et 95 % de pollution en moins qu'il y a 20 ans. Au mois d'avril, une nouvelle Directive s'attaquant aux émissions de dioxyde de soufre par les navires a fait l'objet d'un accord. Les dernières études en date montrent toutefois qu'il n'y a pas de quoi pavoiser.
L'un des risques majeurs pour la santé publique est celui lié aux particules en suspension dans l'air, communément appelées les poussières. Le diamètre de ces particules, désignées sous l'acronyme PM (pour “particulate matter”), se mesure en millionième de mètre. Les particules “fines” dont le diamètre est inférieur ou égal à 10 millionièmes de mètre (les PM10 ou inférieures) s'inhalent facilement. Elles pénètrent profondément dans les poumons et sont à l'origine de graves troubles cardiaques et respiratoires. Selon certaines estimations, ces particules provoqueraient plusieurs dizaines de milliers de décès prématurés en Allemagne, en Italie, en France et dans l'ensemble de l'Union européenne.Les particules sont notamment émises par les véhicules diesel.
L'ozone troposphérique, ou smog photochimique, constitue une autre menace. Si l'ozone au niveau de la couche supérieure de l'atmosphère constitue un bouclier efficace contre les rayons ultraviolets nuisibles du soleil, il est nocif lorsqu'il peut être inhalé. Il irrite les voies respiratoires et s'attaque aux poumons, provoquant des accès de toux, des crises d'asthme et des infections pulmonaires bactériennes. Des niveaux élevés d'ozone peuvent dès lors causer des décès prématurés chez les personnes sensibles.

La pollution atmosphérique nuit également à l'environnement

Les efforts consentis pour réduire les pluies acides en Europe ont été payants ces dernières années, certes, mais ce phénomène menace toujours 240 000 Km² de forêts. De plus, certains lacs scandinaves pourraient ne jamais se remettre des pluies acides qui se sont abattues sur eux par le passé. Les pluies acides s'attaquent aux matières organiques et à certains métaux et provoquent l'érosion des bâtiments, mettant ainsi en péril notre patrimoine culturel. Les sols et les mers sont pollués par des teneurs élevées en azote, ce qui provoque un phénomène d'eutrophisation (l'accumulation de nutriments entraîne la prolifération excessive de végétaux aquatiques ainsi que d'autres conséquences désagréables). Cette pollution compromet la biodiversité de 45 % des écosystèmes terrestres de l'UE, tandis que le smog photochimique constitue une menace pour les cultures.

Une approche stratégique

L'Union européenne a lancé le programme “Air pur pour l'Europe” (CAFE en anglais) en 2001 et l'a placé au cœur de son combat contre la pollution. Le sixième programme d'action communautaire pour l'environnement, qui se poursuivra jusqu'en 2012, en appelle à la préparation d'une “stratégie thématique” visant à réunir les mesures existantes et à définir une approche intégrée à long terme pour juguler ce problème. Cette stratégie, dont la publication est imminente, fixera des objectifs en matière de qualité de l'air liés à l'environnement et la santé publique. Elle proposera les mesures à prendre pour les atteindre et déterminera les responsabilités des différents secteurs.
Les toutes dernières recherches ont été présentées au groupe de pilotage du programme CAFE en avril 2005. Elles dépeignent un tableau inquiétant, mais prévoient également une amélioration de la qualité de l'air d'ici 2020 si l'on applique à la lettre les mesures communautaires en vigueur, notamment la limitation des émissions automobiles et industrielles et le contrôle de la pollution de l'air (voir le tableau). Ce sont surtout les nouveaux États membres qui tireront avantage de la mise en application des réglementations en la matière.
Impact sur la santé en 2000 dans l'UE
Progrès prévus en 2020
Particules
Perte de neuf mois d'espérance de vie
Gain de trois mois
Perte annuelle de quatre millions d'année de vie
Gain de 1,7 million d'années de vie
386 000 décès prématurés par an
Moins 135 000 décès prématurés
110 000 hospitalisations graves par an
Moins 47 000 hospitalisations
Ozone troposphérique
21 400 décès prématurés par an
Moins 600 décès prématurés
30 millions de jours sous médication respiratoire par an
Gain de 9 millions de jours


C'est aux autorités nationales, régionales et municipales qu'il incombe de veiller à faire respecter des valeurs limites de qualité de l'air. La Commission prévoit d'intenter une action à l'encontre des États membres qui ne garantiraient pas une certaine qualité de l'air à leurs citoyens.À la fin de l'année 2004, la Commission a lancé une consultation publique par Internet pour établir ce que les citoyens pensent de la qualité de l'air au niveau local. Cette consultation est sans doute la plus réussie de toutes celles que l'Union européenne a réalisées, dans la mesure où elle a permis de recueillir plus de 10 000 réponses. Plus de la moitié des réponses sont venues du Portugal, à la suite d'une grande campagne de publicité menée par les autorités portugaises.Parmi les réactions, on a noté une grande préoccupation quant à la qualité de l'air en général et à son impact sur la santé et l'environnement en particulier. Les personnes consultées se sont dites favorables à l'adoption de stratégies plus ambitieuses et ont proposé les mesures qui leur semblaient les plus appropriées pour améliorer la qualité de l'air aux niveaux international et européen. Pour elles, il faut agir en priorité aux niveaux de l'industrie et du transport routier, mais elles sont également disposées à faire des efforts sur le plan individuel.

Des résultats à long terme

Parmi les mesures envisagées par la Commission, citons certaines initiatives visant à promouvoir des innovations plus respectueuses de l'environnement en matière de transport, qui combineraient les efforts des différentes Directions générales concernées. Selon des experts, le plafond national des émissions des différents polluants figure parmi les stratégies les plus efficaces à moyen et long terme. À l'échelle européenne, il s'agit de réduire d'ici 2010 les émissions des polluants de 25 à 30 % par rapport à 2000, ce qui vient s'ajouter aux réductions déjà substantielles observées depuis 1990. Les autorités locales doivent respecter la réglementation européenne sur la qualité de l'air pour éviter le développement de “zones critiques” sur leur territoire. Certaines administrations ont d'ailleurs instauré des systèmes qui limitent la circulation en milieu urbain lorsque la qualité de l'air atteint des niveaux dangereux. Mais la Commission estime que ces systèmes constituent des moyens moins efficaces de lutte contre la pollution, dans la mesure où ils ne s'attaquent pas aux causes du problème et qu'ils ne visent pas à encourager les gens à modifier leurs comportements à long terme.D'autres propositions se fondent sur des incitations fiscales. Dans le cadre du programme CAFE, la Commission étudie également les valeurs limites qui pourraient être fixées dans une nouvelle norme européenne concernant les émissions des véhicules à moteur diesel (voir "Feu vert pour les voitures propres").

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jeudi 23 juin 2011

Savez-vous comment faire des économies en préservant les ressources de votre planète ? part. 1


1 - CHANGEZ VOTRE FAÇON DE CONSOMMER
Le réchauffement climatique est une des conséquences de la pollution qui met, de nos jours la Planète en danger.
Tous les scientifiques sont à présent, ou presque, d'accord et tous les médias en parlent.
Les conséquences pourraient devenir dramatiques, si nous ne réagissons pas très vite.
Il est urgent, presque impératif, de devenir un consommateur averti et responsable !
Il est maintenant indispensable que chacun se soucie de son environnement et de la préservation de la Terre pour tout acte posé, pour toute prise de décision !
La vague bio, bien qu'encore récriée selon les aspects qu'elle "coûte cher" est pourtant une tendance prédominante.
Nombre d'entre nous ont déjà pris conscience des enjeux que cela représente, que ce soit au niveau de la nature, de l'environnement, de la santé.
Voici une liste, non exhaustive, d'éxemples démontrant l'urgence de changer notre façon de consommer pour économiser et préserver les ressources de la Planète :
- En 2004 (source ADENE) : il a été collecté 22 Millions de Tonnes de déchets ménagers produits par les 62 Millions de Français que nous sommes. Cela représente environ 350 Kgs par an et par habitant.
- Un Français jette en moyenne 16 Kgs de déchets d'équipements par an, soit 1,7 Million de Tonne. Ce poids augmente de 3 à 5 % chaque année.
- L'automobile consomme 4 fois plus d'énergie que les transports en commun.
- Au bureau, la consommation annuelle de papier s'élève à 50 Kgs par personne. 42 % du bois exploité commercialement est utilisé pour la fabrication du papier. Or, d'ici une dizaine d'années, la consommation mondiale de papier augmenterait de 40 %.
- Sur 2 Millions de cartouches d'encre pour imprimante vendues chaque année, seulement 10 % sont recyclées.
- Une entreprise de 200 personnes a une consommation globale annuelle de 100 000 gobelets en plastique provenant des distributeurs de café et des fontaines à eau.
Pour qu'un gobelet en plastique soit dégradé dans la nature, il faut entre 100 et 1000 ans.
- 1,3 Milliards de personnes sur la Planète n'ont pas accès à l'eau potable...!!!
En France, nous consommons environ 150 Litres d'eau par jour et par habitant, soit 50 000 Litres par an et par habitant.
- Une quarantaine de gaz à effet de serre ont été recensés parmi lesquels figure le CO2. Or :
- un chauffage au fioul émet 466 Kgs de CO2/Mwh,
- un chauffage au gaz émet 234 Kgs de CO2/Mwh,
- un chauffage électrique émet 200 Kgs de CO2/Mwh.
Vous voyez l'urgence ?
Alors réagissons ! Réagissez !
Changez vos comportements et votre manière de consommer. Vous deviendrez responsables si vous adoptez les éco-gestes et l'éco-attitude.
COMMENT FAIRE ?
Dans un premier temps :
- Réfléchissez à vos besoins réels et essentiels. Ne vivez plus pour acheter, mais acheter pour vivre.
- Choisissez des produits, des biens qui durent et qui sont économiques.
- Optez pour des produits n'ayant aucune incidence néfaste sur votre santé et sur votre environnement.
- Consommez des produits écologiques qui, dans leurs fabrications, respectent l'homme et l'environnement.
- Consommez Bio et local au lieu des produits manufacturés des grandes surfaces.
- Privilégiez les produits équitables...
Et, n'oubliez pas qu'en adoptant ces comportements et quelques uns de ces principes, vous prenez également soin de votre porte-monnaie. Car vous économisez.
Je vous en dis un peu plus dans les prochains articles de cette série : "Savez-vous comment faire des économies sur votre budget tout en préservant les ressources de votre Planète ?"

Fourni par ArticlesEnLigne : Articles gratuits et Communiqués de presse

 
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